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Accès à l’eau potable : Des parlementaires s’informent sur les systèmes tarifaires hors périmètre ONEA

mercredi 27 juin 2018, par Pascal YE

Les membres du réseau des parlementaires pour l’hygiène, l’eau potable et l’assainissement (REPHA) effectuent une mission d’information, du 25 au 29 juin 2018. Répartis en trois équipes, ils vont s’imprégner des systèmes tarifaires du service public de l’eau hors périmètre ONEA (Office national de l’eau et de l’assainissement). Cette mission s’inscrit dans le cadre du contrôle de l’action gouvernementale assignée au parlement. L’équipe n°2 était dans les communes de Toéghin et de Arbollé. Et, elle a pu constater les réalités vécues par les populations et les organisations mises en place pour gérer au mieux la ressource eau.

Toéghin, une commune rurale située à une soixantaine de kilomètres de Ouagadougou la capitale. 21 000 âmes y résident à travers les 18 villages. C’est là que l’équipe n°2 du Réseau des parlementaires pour l’hygiène, l’eau potable et l’assainissement (REPHA) s’est rendu, 25 juin 2018, dans le cadre d’une mission d’information les systèmes tarifaires du service public de l’eau hors périmètre ONEA.

Conduite par l’honorable N’Goummion Bernard Somé, la délégation a été reçue dans les locaux de la mairie par le secrétaire général, Nicolas Ouédraogo, à qui il a été adressé un questionnaire. Ce qui a permis de savoir que dans cette commune, les populations s’approvisionnent en eau essentiellement dans des forages. Mais, pas seulement. On y trouve également le système d’Adduction d’eau potable simplifiée (AEPS).

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A Zeguedeghin, il n’y avait pas de question tabou

Ce système qui fonctionne grâce à des plaques solaires, dispose de cinq fontaines publiques et quatre branchements privés dans le village de Toéghin, chef-lieu de la commune. Cette infrastructure est gérée par la mairie. Le mètre cube d’eau est vendu à 500F dont la moitié revient à la mairie et l’autre moitié aux gérants des fontaines. Le consommateur final doit débourser 10F pour 20 litres. Un tarif jugé acceptable par le Conseiller villageois de développement (CVD), Sibnoaga Saawadogo.

« Le bidon de 20 litres est vendu à 10F et la barrique de 200l à 100F. La mairie doit faire de sorte à ce qu’il y ait plus de forages et de fontaines, mais aussi régler la question énergétique en renouvelant les plaques solaires et accroitre leurs capacités », a confié le Point focal de l’Association des usagers de l’eau (AUE), Passiti Tapsoba. Aussi, d’autres difficultés ont été évoquées dans la gestion de l’eau. « Nous avons trouvé qu’il y a un système d’AEPS qui est installé à Toéghin, mais la gestion pose problème. A ce niveau, il y a lieu qu’on essaie de former les comités de gestion des points d’eau », a expliqué N’Goummion Bernard Somé, le chef de mission de la délégation des parlementaires.

Zeguedeghin, un exemple dans la fonctionnalité des AUE

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L’honorable Somé buvant l’eau d’une pompe à Zeguedeghin

Autre lieu, autre réalité. Zeguedeghin est un autre village de la commune situé à trois km de Toéghin. Là, une dizaine de personnes attendaient la délégation parlementaire. Julien Tapsoba est le conseiller municipal du village. Très à l’aise, il présente son équipe et le système mis en place pour gérer les sept Pompes à motricité humaine (PMH) dont dispose le village.

« On a fait un recensement des foyers avant de décider des montants à payer pour chacun », a-t-il expliqué avant de détailler. Ainsi, à Zeguedeghin, un chef de famille paie 2500F par an, un chef de foyer paie 1500F, un homme célibataire 1000F, une femme 500F. Mais, ce n’est pas tout. Pour ceux qui disposent d’animaux, le montant à payer est de 1000F par an pour un petit troupeau (à partir de cinq bœufs). Ce qui a permis d’avoir 863 contributeurs en 2018. Seulement une dizaine de personnes n’ont pas accepté ou n’ont pas pu s’acquitter de ces cotisations.

« La sensibilisation se poursuit auprès de ces derniers, mais il ne leur est pas interdit de se servir en eau dans les pompes. Au départ, le nombre de personnes qui refusaient de payer était plus élevé, mais la sensibilisation produit des effets », a précisé Julien Tapsoba.

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Le secrétaire général de la mairie répondant aux questions des députés

A Zeguedeghin, un comité de gestion pour chaque forage a été mis en place et tient une comptabilité. Et la transparence est le maître-mot. Pour les sept PMH, le montant des cotisations est uniforme. Aussi, pour chaque PMH, la somme de 10 000F est versée à la mairie par an afin de permettre à des équipes techniques de venir s’enquérir de l’état des pompes et mener la sensibilisation pour une meilleure utilisation. « Lorsqu’il y a une panne, ce sont les montants collectés par le comité de gestion auprès des populations qui servent à faire les réparations. Jusque-là, le comité de gestion assure avoir réussi à prendre en charge les réparations », a précisé le point focal. Mieux, au passage de l’équipe des parlementaires, le comité disposait d’environ 75 000F dans ses comptes. Mais, les doléances ne manquent pas.

Certains habitants doivent parcourir près de deux kilomètres pour accéder à un point d’eau. « Nous souhaitons avoir un système d’AEPS, mais aussi augmenter le nombre de PMH. Ce qui permettra de mener d’autres activités rémunératrices de revenus tels que le maraichage par les femmes et autres jeunes du village qui migrent vers les grandes villes en quête d’emplois lors de la saison sèche », a lancé le conseiller municipal, Julien Tapsoba.

Les députés n’ont pas manqué de féliciter les populations de Zeguedeghin pour cette organisation. « Là, nous avons été réconfortés dans notre position parce que nous avons trouvé un comité fonctionnel et qui maîtrise vraiment leur système qu’ils ont expliqué. Avant de les quitter, nous avons tenu à les féliciter, à les encourager parce qu’ils constituent un exemple pour la fonctionnalité des AUE », a souligné N’Goummion Bernard Somé.

Arbollé, un contractant introuvable

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Séance de travail à Arbollé

Après ce cas d’école, retour à la gestion avec tâtonnement dans la commune de Arbollé située dans la province du Passoré. « A Arbollé, nous avons trouvé qu’il y a une AUE et un système d’AEPS mais qui n’est pas fonctionnel parce que le contrat est en cours de conclusion. Nous avons encouragé les acteurs à échanger avec le maire et le contractant afin que dans un futur proche, l’AEPS soit fonctionnelle », a précisé le chef de mission des parlementaires. Les acteurs de la gestion de l’eau dans cette commune soutiennent qu’il y a un contrat signé en affermage, mais tous sont sans nouvelle du prestataire.

Trois équipes du REPHA étaient sur le terrain en ce premier jour de la mission d’information. L’équipe n°2 que nous avons suivie était dans les provinces du Kourwéogo et du Passoré. L’équipe n°1 était dans périphéries de Ouagadougou, notamment dans la commune de Saaba et dans le quartier non-loti appelé Djikofè, sise à l’arrondissement n°11 de Ouagadougou. L’équipe n°3, elle, était dans la province du Sanmatenga (région du centre-Nord), plus précisément dans la commune de Pissila.

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Photo de famille après les échanges Toéghin

« Quand toutes les équipes vont rentrer, nous allons analyser les données de notre mission et ensemble, nous allons produire un rapport que nous allons transmettre à qui de droit. Aussi, dans le contrôle de l’action gouvernementale, nous allons interpeler qui de droit sur ces questions, en ce qui concerne la fonctionnalité des AUE, des AEPS et aussi en ce qui concerne les prix de l’eau », a confié N’Goummion Bernard Somé.

Moussa Diallo
Lefaso.net

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