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Première session ordinaire 2018 de l’Assemblée nationale : Des résultats mitigés, selon le groupe « Paix, justice et réconciliation nationale »

mercredi 20 juin 2018, par Cyriaque

Le groupe parlementaire « Paix, justice et réconciliation nationale » (PJRN) fait le bilan de la première session ordinaire de l’année 2018, deux semaines après la clôture de ladite session. Au cours d’une conférence de presse le 19 juin, il a présenté le les activités réalisées et donné sa lecture sur la situation socio-politique nationale. Pour François Zilma Bacyé et ses camarades, cette session s’est soldée par des résultats mitigés. Sur la crise au MINEFID, ce groupe parlementaire d’opposition appelle au gouvernement à engager un dialogue franc et constructif avec les syndicats. Il demande également aux syndicats de faire preuve de patriotisme pour éviter au pays un chaos.

A travers cette première conférence de presse, le groupe « Paix, justice et réconciliation nationale » (PJRN) sacrifie à son obligation de redevabilité. La première session ordinaire de l’Assemblée nationale de l’année 2018 a enregistré l’adoption de 27 lois. Un record salué par le Président de l’Assemblée nationale, dans son discours de clôture, du 04 juin dernier. Les groupes parlementaires de la majorité ont également salué cette performance.

Mais, les membres du groupe PJRN qui soutiennent avoir participé de manière assidue aux travaux en commissions et aux séances plénières, demandent d’avoir de la mesure de relativiser ce record. « De notre analyse, cette session nommée session des lois a été soldée par des résultats mitigés car sur 27 lois adoptées, 59,25% sont des lois de ratification ou d’autorisation de ratification », a précisé François Zilma Bacyé, président du groupe PJRN.

Aussi, il regrette le fait que seulement huit questions orales aient été posées, sur une soixantaine de questions enrôlées lors des différentes conférences des Présidents. Au cours de cette session, certaines lois ont été votées sur fond de désaccord et les groupes parlementaires de l’opposition ont voté contre certains projets de loi ou même vidé la plénière.

Cette conférence de presse a servi de cadre pour répondre à la majorité parlementaire qui accuse l’opposition de ne pas maîtriser les textes du parlement. « On n’est pas là pour répondre à la ‘’mal cause’’ de la majorité, mais je dirai simplement que c’est de la diversion. Nous maintenons qu’il y a cafouillage dans l’application des textes », martèle le président de PJRN.

Le PJRN dénonce des dysfonctionnements

Le groupe PJRN dit avoir noté des dysfonctionnements dans le fonctionnement de l’institution parlementaire au cours de cette session ordinaire. Il cite, entre autres, les nombreux changements et modifications de l’ordre du jour de la session du seul fait du gouvernement (au moins cinq modifications de l’ordre du jour), le non-respect du délai raisonnable du dépôt des projets de lois par le gouvernement malgré l’existence d’un ministère en charge des relations avec le parlement.

Pour redonner à l’Assemblée nationale burkinabè son lustre d’antan et améliorer le rendement du travail parlementaire, le groupe PJRN fait les propositions suivantes :
- le strict respect de la séparation des pouvoir avec l’exécutif pour plus de crédibilité du contrôle de l’action gouvernementale ;
- le strict respect du règlement de l’Assemblée nationale ;
- la mise en œuvre effective du Plan opérationnel du Plan stratégique de l’Assemblée 2016-2020 ;
- la relecture du règlement intérieur comme promis par le Président de l’Assemblée nationale ;
- l’installation du comité de vote électronique et l’effectivité dudit vote ;
- l’information de la conférence des présidents et de l’ensemble des députés sur les activités du président de l’Assemblée nationale, notamment ses déplacements.

Fronde sociale : PJRN en appelle au patriotisme de chacun

Le Burkina traverse depuis un certain temps une crise socio-économique marquée par la paralysie des secteurs d’activités due aux grèves des syndicats. Le groupe parlementaire PJRN demande au gouvernement de « renouer, sinon d’engager des dialogues francs et constructifs avec les syndicats afin d’éviter les éventuelles dérives avec les risques d’embrasement des autres secteurs d’activités ». Marie Rose Sawadogo/Ouédraogo (membre de PJRN) en appelle également au patriotisme des syndicats du MINEFID afin de ne pas tuer la poule aux œufs d’or.

Noufou Ouédraogo va dans le même sens, tout en exhortant le président du Faso à « appeler les syndicalistes, ils vont s’asseoir et discuter ». Il ne manque pas de rappeler au président Roch Kaboré l’histoire des luttes syndicales au Burkina. « J’ai commencé à faire la politique depuis 1956. Nous demandons au gouvernement et les syndicats de s’asseoir face à face pour discuter. Nous avons vu comment Maurice Yaméogo est parti, en 1966. Thomas Sankara qui dit que personne ne peut le toucher, il a licencié des enseignants, comment a-t-il terminé ? Vous tous qui êtes assis, vous avez des amis au gouvernement, dites à mon président Roch d’appeler les syndicalistes, ils vont s’asseoir et discuter. Nous autres, on va partir vous laisser avec le pays, mais je souhaite que le pays ne tombe pas dans un chaos. Les syndicalistes-là, vous les voyez comme ça, mais ce sont des éléments dangereux. Si tu penses que tu peux les jeter comme ça comme des oranges-là… », a rappelé Noufou Ouédraogo.

Moussa Diallo
Lefaso.net

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