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Coopération Burkina-Russie : « Nous comptons renforcer notre coopération (…) et assurer la stabilité dans la région du Sahel » (Vladimir Baykov)

lundi 26 novembre 2018, par Jacques

L’ambassadeur non-résident de la Fédération de Russie au Burkina Faso, Vladimir Baykov, était à l’Assemblée nationale, le 23 novembre 2018. Avec le président Alassane Bala Sakandé et le Groupe d’amitié parlementaire Burkina-Russie, ils ont passé en revue plusieurs questions centrées sur la coopération parlementaire. En marge de cette visite, il s’est prêté aux questions de votre journal en ligne, Lefaso.net. Entretien !

Lefaso.net : Veuillez-vous présenter…

Vladmir Baykov : Je suis l’ambassadeur d’un grand pays, qui est la Russie, non-résident au Burkina Faso, mais avec résidence en Côte d’Ivoire. Ma visite s’inscrit dans le cadre de ma mission qui consiste à nouer des contacts et à rencontrer les autorités telles que le président de la République, le président de l’Assemblée nationale, le ministre de la Défense et celui des Affaires étrangères.

Lefaso.net : A quand remonte votre présence en Afrique ?

Vladimir Baykov :
Je suis diplomate de la vieille école de l’Union soviétique. Déjà, en tant que jeune diplomate, je foulais les pieds en Afrique. J’ai fait le Tchad, l’ex-Zaïre, le Maroc et la Côte d’Ivoire. Principalement, je connaissais le Burkina Faso durant mon poste au Tchad à l’époque, c’était la Haute-Volta.

Déjà à l’époque de la Révolution, le Burkina Faso m’était bien connu. J’étais venu ici, cela fait deux ans. J’avais rendu visite à l’ancien président Salifou Diallo. Egalement, au cours de mes visites, j’ai pu rencontrer à plusieurs reprises le Groupe d’amitié parlementaire Burkina-Russie. Un groupe dynamique, presqu’un quart de tous partis politiques. Je salue leur efficacité.

Lefaso.net : Quel est le regard de la Russie vis-à-vis du Burkina Faso ?

Vladimir Baykov :
Bien entendu un regard de sympathie. Au temps de la Révolution conduite par Sankara, la Russie a toujours apprécié le Burkina Faso. Nous ne sommes pas dans un regard de domination ou de colonisation à l’endroit du Burkina Faso. Vous savez, la Russie est pragmatique, elle a ses intérêts géostratégiques, géopolitiques et économiques, mais elle veut un partenariat gagnant-gagnant. Historiquement, plusieurs Burkinabè ont été formés en URSS à l’époque.

Mais, malheureusement, aujourd’hui, le nombre s’est amoindri avec seulement trois bourses d’études pour ceux qui veulent étudier en Russie. C’est une situation qui semble scandaleuse, comparativement aux milliers de Burkinabè formés à l’époque soviétique. Mais avec l’ouverture de l’ambassade du Burkina Faso en Russie en 2013, nous travaillons pour améliorer les choses.

Je crois que la sympathie que nous avons au regard du peuple burkinabè, il y a de l’espoir, nous aurons des choses à faire ensemble. La Russie avait fermé son ambassade au Burkina Faso en 1992 pour des motifs particuliers. Regrettablement, c’est toujours très facile de fermer quelque chose que d’en ouvrir. Mais avec espoir, nous allons revenir.

Lefaso.net : Qu’attend la Douma de l’Assemblée nationale burkinabè  ?

Vladimir Baykov :
Dans le cadre de la diplomatie parlementaire, il est très important que les délégations parlementaires se connaissent. Franchement, les parlementaires russes ne connaissent pas le Burkina Faso, et il serait très important qu’ils puissent découvrir cette partie de l’Afrique. Ainsi, j’ai rencontré le président Alassane Bala Sakandé et le Groupe d’amitié Burkina-Russie afin qu’on se connaisse davantage.

Aussi, qu’on discute des modalités pratiques d’un possible accueil de la délégation russe dans le futur. Mon souhait est que les contacts entre les deux parlements se développent et que le président Alassane Bala Sakandé puisse se rendre au forum économique de Saint Petersbourg prévu en juin 2019, pour parler des dossiers économiques.

Lefaso.net : Que doit attendre le Burkina Faso vis-à-vis des opérateurs économiques russes ?

Vladimir Baykov : Le Burkina Faso regorge de beaucoup d’opportunités. L’or est un secteur important qui pourrait intéresser les investisseurs russes. Egalement l’agriculture, le coton et plusieurs autres domaines peuvent attirer les opérateurs économiques russes.

Lefaso.net : Est-ce que la Russie entend intervenir pour des questions sécuritaires ?

Vladimir Baykov : La sécurité est un domaine sensible. On ne peut tout étaler publiquement. Tout compte fait, la Russe a déjà noué des contacts auprès des autorités en vue d’échanges d’expériences, de formation et des renseignements. Nous comptons renforcer notre coopération dans cette région de l’Afrique afin de combattre le terrorisme et assurer la stabilité dans la région du Sahel. Le phénomène de terrorisme est transfrontalier et cela nous concerne aussi. Vous savez, l’Etat russe ne connaît pas de frontière, lorsqu’il s’agit du terrorisme, il pourrait frapper.

Nous voulons renforcer notre présence géostratégique et géopolitique, parce que le terrorisme est une affaire mondiale. C’est justement, dans ce cadre que des rencontres annuelles sont organisées en Russie sous l’égide du Conseil de sécurité des Nations unies, plusieurs dirigeants de haut niveau se rencontrent pour discuter de la sécurité mondiale. Je ne doute pas que les dirigeants burkinabè y aient pris part.

Lefaso.net : La Russie est-elle de retour en force en Afrique ?

Vladimir Baykov :
La dislocation de l’Union soviétique avait entraîné une crise profonde chez les Russes. On a connu une transformation pénible, mais on s’est relevé. Cela a donné l’impression que la Russie avait quitté l’Afrique. Bien entendu, l’Union soviétique n’est plus, mais la Russie a gardé les relations diplomatiques avec ses partenaires africains. Et c’est ce qui justifie cette ambition de nouer des relations diplomatiques avec le Pays des hommes intègres.

Lefaso.net : Qu’est-ce qui fait de la Russie un partenaire privilégié du Burkina Faso ?

Vladimir Baykov : Je constate une forte motivation lors de mes contacts avec les autorités. Egalement, je précise que la Russie mise plus pour un partenariat gagnant-gagnant. Nous ne sommes pas dans une situation d’inégalités d’échanges. On n’impose rien. Nous comptons plus investir dans l’économie.

Lefaso.net : A quand la fin des visas à l’endroit des Burkinabè ?

Vladimir Baykov : Evidemment, pour circuler en Russie, il faut respecter les modalités des visas. Mais depuis 2000, nous avons dispensé des modalités de visas aux titulaires des passeports diplomatiques burkinabè. En ce qui concerne les passeports ordinaires, il n’y a pas encore un accord en la matière. Nous y travaillons.

Lefaso.net : Votre dernier message…

Vladimir Baykov : Merci pour ceux qui vont lire cette interview, cela prouve que vous vous intéressez au grand pays qui est la Russie. Par ailleurs, pour ceux qui veulent étudier en Russie, il y a des possibilités d’étudier en Russie. Mais, ils doivent apprendre la langue russe pour se faciliter les contacts. Le peuple russe est aussi ouvert que le peuple burkinabè.

Edouard K. Samboe samboeedouard@gmail.com
Lefaso.net/Ledeputemetre.net

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