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Député Nicolas Koumbaterssour Dah : « Ma retraite politique ne tardera pas »

vendredi 9 novembre 2018, par Jacques

Derrière cette petite taille à la démarche pleine d’assurance, au regard vif, à la voix modérée et aux cheveux blanchis par l’âge, se cache « l’homme au chapeau » du parlement burkinabè. Son nom, Nicolas Koumbaterssour Dah ; un homme politique pétri d’expérience.

Dans le sérail politique burkinabè, le député Nicolas Koumbaterssour Dah n’est plus à présenter. Elu maire en 2006, puis député en 2007 sous la bannière de l’ADF/RDA, il quittera ce parti pour créer avec d’autres camarades, l’Union pour le Progrès et le Changement (UPC), patronnée par Zéphyrin Diabré. Réélu député de la province de la Bougouriba (Diébougou) en 2012, il sera balayé par l’insurrection populaire. C’est sous les couleurs du parti du lion qu’il sera de nouveau élu en 2015.

Le député Dah est actuellement président du groupe parlementaire de l’UPC, suite à la fraction de ce parti qui a donné naissance à l’UPC/RD. Alors que son parti politique est toujours sur le chantier de la conquête du pouvoir, Nicolas K. Dah, 61 ans, après plusieurs années d’expérience politique, éprouve aujourd’hui une déception de la politique qu’il qualifie « de politique à l’africaine ».

Le parcours scolaire de l’enfant de Sévrégane dans la commune de Diébougou, est couronné de succès. En effet, après ses études primaires et secondaires au Burkina Faso, de 1963 à 1978, Nicolas Koumbaterssour Dah est orienté à Strasbourg (France) pour des études en hôtellerie. Nanti d’un Brevet de Technicien Supérieur (BTS) en gestion hôtelière, il regagne son Burkina natal en 1982, où il travaille comme maître d’hôtel successivement à l’hôtel Silmandé et à l’hôtel Mikael.

Découragé du traitement salarial proposé par ces chaines hôtelières, il démissionne et intègre l’administration générale à la suite d’un concours de la fonction publique organisé en 1983, avec le statut d’administrateur civil. Nicolas Koumbaterssour Dah occupera alors le poste de préfet dans plusieurs localités du Burkina Faso.

« Je suis venu à la politique de façon fortuite. J’étais plus un syndicaliste »

Militant syndicaliste, Nicolas Koumbaterssour Dah s’est retrouvé dans le sérail politique comme par hasard : « c’est un ami du parti politique ADF/RDA qui m’a conseillé de militer dans ce parti et de postuler sous sa bannière au poste de maire de la commune de Diébougou. Ce que j’ai fait et ça a marché. Puis en 2007 aux élections législatives, j’ai été élu député de la province de la Bourguiba. Et comme les gens me soutenaient, j’ai donc fait carrière en politique ».

Mais pour une question d’orientation politique, « j’ai dû quitter l’ADF/RDA de Maître Gilbert Norbert Ouédraogo et on m’a retiré mon mandat... C’est ainsi que j’ai rejoint Zephyrin Diabré pour « accoucher » l’UPC afin de continuer la lutte pour la conquête du pouvoir. Aux élections législatives de 2012 sous les couleurs de l’UPC, « je suis élu député ».

Au-delà du Burkina Faso, Nicolas Koumbaterssour Dah a occupé un poste de parlementaire de la CEDEAO, un parlement qu’il trouve « trop budgétivore ». Il est même de ceux-là qui ont proposé un droit de regard du parlement de la CEDEAO sur la gestion du budget de la commission.

Tout compte fait, c’est l’insurrection populaire de 2014 qui viendra mettre fin à son mandat de député sous la bannière de l’UPC. Mais il n’abandonne pas pour autant le parti. Mieux, il est confiant que son parti pourrait conquérir le pouvoir en temps opportun pour faire avancer les choses. Car pour lui, la politique loin d’être un moyen de faire fortune, doit être la mise en œuvre d’une vision au profit du développement de son pays.

« La politique en Afrique mérite d’être repensée »

Après plusieurs années dans la vie politique, Nicolas Dah n’a qu’un seul message aux hommes politiques : « Si la politique n’est pas changée en Afrique, il arriverait un jour où personne ne pourrait faire de la politique parce que personne ne voudrait faire de la politique. La perception que les gens ont des hommes politiques vont en se dégradant. Ils sont considérés comme des fautifs, des voleurs et des pillards. Si on ne change pas la visison de la politique en Afrique, cela serait difficile pour les pays d’Afrique, car les gens ne veulent plus être gouvernés comme des animaux ».

Par ailleurs, il invite les jeunes à plus de responsabilité s’ils aspirent à la vie politique : « Si quelqu’un veut venir en politique, il doit beaucoup réfléchir, car il n’y a pas d’argent en politique... En Afrique, la politique est une sorcellerie pure et dure, surtout quant tu es membre d’opposition. Il faut s’attendre à tout ».

« L’Insurrection était un aboutissement heureux mal récupérée »

Alors qu’il s’apprête à prendre sa retraite politique, il n’a qu’une seule idée en tête : « le repos ». Il garde à l’esprit que « l’insurrection est un aboutissement heureux mal récupéré ».
Pour la postérité, il voudrait que l’histoire retienne de lui, rien d’autre que ce qu’il est : « je suis moi, je ne voudrais pas qu’on se fasse des idées sur moi, autre que ce que je suis ». Comme occupation à sa retraite politique Nicolas Koumbaterssour Dah compte s’investir dans l’agriculture et l’élevage des porcs.

Edouard K. Samboe
Ledeputemetre.net

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