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Assemblée nationale : Le président Bala Sakandé promet l’enfer aux terroristes

jeudi 8 mars 2018, par Pascal YE

L’ouverture de la première session ordinaire de l’Assemblée nationale a eu lieu ce mercredi 7 mars 2018. A l’occasion, un discours va-t-en-guerre mêlé d’indignation, de compassion, et d’hommage a été prononcé par le Président de ladite Assemblée, Alassane Bala Sakandé.

En ce premier mercredi du mois de mars de l’année 2018, la tradition a une fois de plus été respectée du côté de l’Assemblée nationale burkinabè. En effet, comme le dit le Président de l’Assemblée nationale, « c’est pour nous soumettre à une obligation républicaine telle que prescrite par l’article 87 de la loi fondamentale qui fixe à cette date précise l’ouverture de la première session ordinaire de l’année en cours ». Après ses souhaits de bon retour aux députés sur les bancs de l’hémicycle, il s’est agi pour Alassane Bala Sakandé de contextualiser l’ouverture de cette première session. « Au plan national, l’ouverture de cette session ordinaire intervient au moment où notre pays panse encore ses plaies suite aux attaques du 2 mars 2018. Elle intervient quelques heures seulement après l’inhumation des victimes de cette barbarie que rien ne saurait justifier », a-t-il déclaré.

Un discours va-t-en-guerre

« Alors que ce vendredi 2 mars les musulmans se préparaient à aller à la mosquée ; alors que ce vendredi 2 mars les catholiques s’apprêtaient pour le chemin de croix ; ce même vendredi là, les prédicateurs de la mort, eux, se laissaient aller à leur haine pour la vie », s’est indigné le président de l’Assemblée nationale avant de rendre hommage aux disparus et de porter un message de compassion à leurs proches. « Pour chacune des victimes de ces attaques, je voudrais rendre l’hommage de la nation tout entière. A leurs parents, à leurs familles, à leurs proches, à leurs frères d’armes, j’exprime toutes mes condoléances et toute ma profonde compassion », a-t-il lâché.

Le ton de son allocution (voir pièce jointe) a pris une allure bien différente de celle du début lorsque le Président Bala Sakandé évoquait à nouveau un extrait de son discours de clôture à l’occasion de la deuxième session ordinaire de l’année 2017. « La lutte qui nous oppose aux forces du mal sera peut-être longue, pénible, elle nous coûtera encore du sang, de la sueur, des larmes, des nuits sans sommeil et des journées de soupirs. Mais notre victoire est inéluctable », a-t-il rappelé.

« Oui, la lutte sera longue… Oui la lutte sera longue parce que nous refusons et refuserons d’entretenir des relations coupables avec les prédicateurs de la haine. Mais notre victoire est inéluctable…Notre victoire est inéluctable parce que chaque coup porté contre un Burkinabé nous meurtrit mais rend la nation entière plus forte. Notre victoire est inéluctable parce que le souvenir de ce mari, de ce père, de ce fils lâchement tué renforcera notre raison de nous battre. Enfin, la victoire est inéluctable parce que la force conjointe du G5 Sahel est entrée dans son ultime phase d’opérationnalisation », a martelé le Président de l’assemblée nationale.

Pour lui, il n’est ni question de se lamenter ni de courber l’échine mais plutôt de traquer la nébuleuse terroriste et ses cellules dormantes jusqu’à leur dernier souffle. Pour que cette lutte puisse donc se faire, c’est une invite à plus de collaboration avec les FDS et à s’imbiber des vertus de l’abnégation, du courage et de la bravoure qu’Alassane Bala Sakandé lance à l’ensemble de la population burkinabè. « La lutte contre le terrorisme ne doit pas être perçue comme l’affaire des seules Forces de défense et de sécurité. Elle est l’affaire de tous. Nous devons la mener avec courage, détermination, abnégation et bravoure. Notre effort de guerre, nous autres civils, c’est de leur fournir toutes les informations nécessaires à la collecte du renseignement opérationnel », a-t-il fait savoir. Et de finalement déclarer à tous ces ennemis de la démocratie et de la liberté : « Vos jours sont comptés. Le Sahel qui a été pendant longtemps votre repaire deviendra bientôt votre enfer ».

Cette session qui s’est ouverte s’étalera jusqu’au 4 juin prochain et portera essentiellement sur l’examen et l’adoption de projets et propositions de lois. Elle sera également ponctuée par le discours du Premier ministre, Paul Kaba Thiéba sur l’état de la nation. Elle a par ailleurs permis d’attirer l’attention des parlementaires sur leur absentéisme lors des sessions précédentes et de poser un questionnement : « Doit-on continuer de nous complaire dans les comportements politiques qui conduisent nos populations à désespérer chaque jour davantage de la démocratie ? Doit-on continuer à rester indifférent à la désaffection croissante des jeunes pour la politique ? Doit-on continuer avec des pratiques qui poussent les citoyens à se demander ’’à quoi sert un député, un parlement ? », s’est interrogé M. Sakandé.

C’est sur ce questionnement et ses vœux de bonne fête à toutes les femmes du Burkina Faso que la première session ordinaire de l’année 2018 a été ouverte en présence du ministre d’Etat auprès de la Présidence du Faso, Simon Compaoré ; d’autres membres du gouvernement et de présidents d’institutions ainsi que d’autres personnalités. Rendez-vous est alors pris pour le vendredi 9 mars 2018 à 9 heures pour la première séance.

Tambi Serge Pacôme Zongo
Lefaso.net

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